À Clairfayts, Vincent et Mathieu rêvent de vendre, dès juin, leurs fromages de chèvre

Vincent Nawrocki et Mathieu Desjardin se lancent dans l’élevage de chèvres à Clairfayts au 13 rue du Cromboulie, une ancienne ferme. 

 La SCEA (société civile d’exploitation agricole) de la Ferme du Paradis accueille déjà trente-sept caprins. L’objectif du tandem : vendre les fromages produits sur place dès le mois de juin.

Des livres sur les chèvres, ils en ont bouquiné ! La chèvre, cet animal curieux de tout, domesticable et au final attachant, les a conquis. Chez eux, rue du Cromboulie, la petite route qui conduit à Beaurieux depuis Clairfayts, les chèvres sont reines ou presque. Un prénom pour chacune, selon son caractère. Il y a Magali et Melba les premières achetées. Rejointes par d’autres, alpines, saanen ou poitevines. Avec mixité oblige, Napoléon un petit bouc et Taloche un plus grand. Tous ces caprins vivent dans des dépendances aménagées avec ce qu’il faut de foin. Et reçoivent beaucoup d’attention de leurs propriétaires. Vincent et Mathieu sont aux petits soins. Ce dernier a même eu à gérer cette année plusieurs naissances de chevreaux. C’est que tous deux sont déjà bien engagés dans une aventure. Celle de créer leur propre élevage. « Un élevage hors sol - parce que dit Vincent - c’est moins contraignant au niveau sanitaire. Les chèvres sont fragiles sur le plan digestif. Si on se plante sur l’élevage, on se plante sur tout ». Les chèvres du Cromboulie se nourrissent de foin, de paille et d’aliments granulés. Et ont à disposition des blocs de sels. « Pour le foin, on se fournit chez des amis » indique Vincent.

 

« On veut se mettre en agriculture raisonnée mais pas en bio parce que c’est trop de contraintes et un trop gros investissement financier. On soigne les chèvres le plus naturellement possible. On évite au maximum les antibiotiques » dit Vincent Nawrocki, 29 ans. Son associé, Mathieu Desjardin, en a 23. Ils prennent auprès des ruraux tous les conseils utiles. Ont visité des élevages. Ont pris langue avec l’Association régionale des vendeurs directs. Ont fait appel au CER France Nord, un cabinet comptable spécialisé en agriculture également. Ont aussi le soutien d’une banque. L’affaire est dans l’étable si on peut dire. Passionnés par les animaux, poules, chiens, oies... ils le sont c’est sûr. Tout gosse, Vincent Nawrocki avait des chèvres naines. Ce natif du Pas-de-Calais, domicilié un temps à Cousolre, travaille depuis douze ans dans l’industrie alimentaire en Belgique. Une activité salariée qu’il conserve. Sa reconversion ne sera possible que si cette activité dégage du bénéfice. Et puis, la fromagerie de 60 m2 va tout juste être construite.

 

Quant à son camarade Mathieu, originaire d’Anor, la basse-cour l’a toujours intéressé. Il est, lui, en permanence sur la ferme. A suivi pour cela le parcours d’installation pour jeune agriculteur et doit recevoir une aide régionale d’environ 9 000 euros. Cet élevage est l’occasion de créer son travail en même temps que de s’employer à quelque chose qui a du sens. « Plus tard, on pense aussi à ouvrir une ferme pédagogique et accueillir des groupes... ». Pour plus tard seulement.

 

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